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Le concerto pour piano et orchestre en sol majeur de Maurice Ravel.

« Qui coule, cria-t-il, mais je l’ai faite mesure par mesure et j’ai failli en crever ! » s’exclama Maurice Ravel à la remarque de Marguerite Long sur la difficulté de cette longue phrase mélodique qui caractérise l’adagio assai de son concerto. Tout Ravel est là : un artisan anxieux de la perfection de son travail. Achevé en parallèle avec la création de son autre concerto pour piano (celui pour la main gauche ; commande du philosophe autrichien Wittgenstein pour son frère pianiste amputé de la main droite), Ravel en cette fin des années 20 ne se ménage pas pour offrir une de ses compositions majeures qui marquera le répertoire pianistique du XXème siècle. Sa genèse fut longue et souvent interrompue. Si l’on en croit Gustave Samazeuilh, c’est lors d’un de ces voyages dans son cher pays basque vers 1910 que Ravel jette l’ébauche d’une œuvre pour piano et orchestre dont les réminiscences se retrouveront bien plus tard dans le concerto en sol. Invité en 1927 pour une tournée aux Etats-Unis, Ravel devait exécuter la création d’une pièce concertante. Hélas, il n’en sera rien mais il en rapportera de vives images et retrouvera à Boston son ami le chef d’orchestre Koussevitzky (initiateur de sa transcription pour orchestre des Images d’une exposition de Moussorgski) qui fût peut-être celui qui relancera l’idée d’un concerto pour piano à Ravel pour le 50ème anniversaire de l’orchestre symphonique de Boston. C’est malade et exténué par la création du Boléro en 1928, que Ravel reprend son travail  après un voyage en Espagne qui lui redonne de l’inspiration. Mais il faudra attendre le 14 janvier 1932 à la salle Pleyel avant que Marguerite Long (dédicataire de l’œuvre) sous la direction de Ravel lui-même ne fasse vivre enfin ce chef d’œuvre devant un parterre enthousiaste.

Pour Ravel, la musique d’un concerto « doit être légère et brillante et ne pas viser à la profondeur ou aux effets dramatiques » en opposition avec l’héritage romantique qui pour le compositeur écrit plus « contre le piano » que « pour le piano ». Le concerto observe une forme traditionnelle en trois mouvements (Allegramente – Adagio assai – un final Presto) dont les styles sont très différents. Tout aussi fortement marqué par le jazz ou par Gershwin que Ravel rencontre aux Etats Unis en 1928 ou bien par la musique folklorique euskadienne, il n’hésite pas à s’inspirer de Saint-Saëns ou même de citer une phrase de Mozart (le larghetto du Quintette pour clarinette K.581) et même de convoquer un étrange instrument : le fouet. Composition virtuose (les trilles et les arpèges de la cadence en sont un moment remarquable), l’écriture de l’orchestre et notamment des vents y est tout à fait soignée notamment lors de la reprise de l’émouvante cantilène par le cor anglais.

Ravel, accompagné de Marguerite Long parcouru l’Europe en cette année 1932 pour diriger son ultime chef d’œuvre où de Bruxelles, Vienne, Bucarest,  Budapest à Varsovie, ce ne fût qu’une seule et même acclamation.

On écoutera :

L’enregistrement historique publié chez Urania (URN 22.126) nous permet d’entendre l’interprétation de Marguerite Long en 1932 sous la direction de Ravel lui-même même si certaines rumeurs laissent à penser que ce fut Pedro de Freitas-Branco qui prit la direction pour cette gravure en remplacement d’un Ravel trop malade pour cela.

Martha Argerich donna sous la direction de Claudio Abbado en 1967 avec Berlin, une des interprétations les plus remarquables tout en invention et imagination qui attache depuis son nom avec celui de Ravel (DG 423 665-2). Autre version inoubliable, celle de Samson François, esprit poétique d’une émotion poignante, sous la direction d’André Cluytens (EMI 5 66905 2) et d’un orchestre de la Société des concerts du Conservatoire scintillant et lumineux.

L’édition rare de Michelangeli avec Celibidache (ARL A79) marqua les esprits pour son évidence et sa force et Krystian Zimerman dirigé par Pierre Boulez ne démérita pas en interprétant une fort belle et sensible version du concerto (DG 449 213-2).

















 


 
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